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  • AMORIS LAETITIA : « Face aux situations difficiles et aux fa¬milles blessées, il faut toujours rappeler un prin¬cipe général : ‘‘Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations’’ (Familiaris consortio, n. 84). Le degré de responsabilité n’est pas le même dans tous les cas et il peut exister des facteurs qui limitent la capacité de décision. C’est pourquoi, tout en exprimant clairement la doctrine, il faut éviter des jugements qui ne tien¬draient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition » (Numéro 79).

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Dossiers


Lettre pastorale sur la Liturgie

Mar 19 Fev 2013, 11:30

 Frères et sœurs dans le Christ.
     Conscients de la responsabilité qui nous incombe de veiller à la l’orthodoxie  de la (sainte) liturgie, soucieux de répondre à certaines de vos préoccupations, nous venons par cette lettre, avec des yeux de Pasteurs, vous faire quelques recommandations, et vous partager certaines de nos préoccupations.
Cette lettre, vous le constaterez, sera davantage centrée sur la messe, le sacrement par excellence et le plus pratiqué dans la liturgie de l’Eglise.
Les points suivants seront examinés :

1. La célébration de la messe
1.    La durée
2.    Les quêtes ‘‘spéciales’’
3.    Les maîtres de chœur et les chorales

2. Les veillées
1.    Les veillées d’évangélisation
2.    les veillées funéraires

3. Quelques avis et recommandations
1. La liste des églises sœurs dont la validité du baptême est reconnue
2. Les interventions au cours des messes
3. Le chemin de croix intégré à la messe
4. Le montant des honoraires de messe
5. L’attitude des fidèles lors du transfert des hosties consacrées au tabernacle.
6. Les enfants de choeur

1. La célébration de la messe

1.1.    La durée
 

La messe ne peut et ne doit être assimilée à certaines compétitions sportives dont on peut prévoir avec exactitude, la fin ; et en la matière, aucun prêtre ne doit subir de pression extérieure, pour  abréger une célébration,  dans l’unique but de faire plaisir à un groupe ou à un individu.
Le canevas d’une messe ordinaire, impose par lui-même, un intervalle de temps raisonnable qui n’indispose personne. Et tout prêtre a assez de bon sens pour apprécier par lui-même, certaines contraintes de temps, d’ordre professionnel ou occasionnel auxquelles sont confrontés les fidèles de son assemblée.
Voilà pourquoi nous invitons chaque prêtre, à prendre toutes mesures qui s’imposent pour que la longueur habituelle de la messe qu’il célèbre, ne devienne ni un prétexte, ni une raison objective pour les fidèles pour ne plus y aller ; cela s’entend surtout, pour les célébrations du matin auxquelles participent, aux jours ouvrables, une bonne tranche de la population active, des campagnes comme des villes. 
Ceci dit, quel que soit le jour, la messe n’est pas une épreuve de mortification ; c’est une simple prière qui ne devrait par sa longueur, devenir éliminatoire pour une catégorie de fidèles ; nous déplorons la durée excessive de certaines célébrations, qui pénalisent les personnes délicates (âgées ou malades) ; oblige d’autres contre leur gré, à devoir sortir pour honorer des engagements ou satisfaire à des besoins légitimes (les enfants, notamment).
Il nous semble évident que quand les célébrations sont trop longues, il n’est plus aisé d’en retirer le maximum de fruits ; l’attention et le recueillement baissant chez la plupart, la fatigue et l’ennui imposent facilement leur loi.
Vu la complexité des situations individuelles des fidèles (age, santé, distance, programme) le prêtre doit veiller à ce que ni l’homélie, ni les chants, ni les quêtes, ni les monitions, ni les danses, encore moins les annonces, n’allongent exagérément la messe.
L’expérience montre que les fidèles ont tendance à bouder les prêtres portés à la longueur et habitués aux digressions, et cela au détriment de l’essentiel, c'est-à-dire, le message qu’ils voudraient bien véhiculer, à l’homélie ou aux annonces.
 Certes, il peut arriver qu’exceptionnellement, lors de grands événements diocésains ou nationaux, la messe tire en longueur, et que la célébration excède trois heures. Cela est normal. Hormis  ces exceptions, le prêtre, mais aussi les maîtres de chœur, et les autres intervenants dans la célébration, prendront toutes les dispositions, pour extraire ou réduire ces accessoires qui tendent à rallonger inutilement nos célébrations.

1.2. Les quêtes ‘‘spéciales’’
 

A la messe, il n’y a qu’une quête prévue par la liturgie. Toutefois, au regard des nombreux chantiers de nos paroisses et de certains appels à la solidarité, nous comprenons que, outre les quêtes impérées, soient levées d’autres cotisations, appelées communément ‘‘quêtes  spéciales.’’ Comme dans les premiers temps de l’Eglise, elles sont la participation libre et personnelle des fidèles à la charité universelle de l’Eglise (2 Co 8 et 9). Le recours à ces cotisations est donc justifié.
Dans notre Pays, des églises et des sanctuaires, des salles et des presbytères, et bien d’autres réalisations encore, sont le fruit de ces quêtes spéciales. C’est le lieu de remercier tous les fidèles laïcs, qui ont su faire montre d’un grand esprit de sacrifice, pour braver la crise qui nous ronge, et démontrer leur amour pour l’Eglise, par une générosité constante et manifeste, chaque fois qu’un appel leur a été lancé ; que leur foi ne défaille pas, car l’Eglise en Côte d'Ivoire est encore en chantier.  ‘‘Dieu a le pouvoir de vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre…celui qui fournit de la semence au semeur, Et du pain pour sa nourriture, vous fournira et vous multipliera la semence, et il augmentera les fruits de votre justice’’ (2 Co 9, 8...10). 
Ces quêtes donc, en tant que source directe et immédiate de subsides, sont à encourager, sous réserve, de quelques recommandations, que voici :


 
1.2.1. Le lancement de la quête spéciale
 

Dès lors qu’une quête est qualifiée de ‘‘spéciale’’, et par conséquent extraordinaire, il convient de lui conférer les caractéristiques qui la présentent vraiment comme telle, c'est-à-dire, ‘‘spéciale’’ dans la fréquence, et ‘‘spéciale’’ dans les objectifs. Si la quête spéciale devient si fréquente qu’elle n’a plus rien d’inhabituel, comment pourrait-on la qualifier encore de ‘‘spéciale’’ ?
La quête spéciale n’est donc pas un impôt ; on ne peut, par exemple, décréter que chaque premier dimanche du mois, il y aura une ‘‘quête spéciale’’ ; et cela, avant même qu’une juste nécessité ne l’impose et que le bien fondé de cette nécessité, soit débattu avec les différents conseils paroissiaux, en vue d’une approbation consensuelle.
Il nous faut peut être rappeler ici qu’une quête de ce genre ne peut porter pleinement ses fruits, que si elle trouve la pleine adhésion des fidèles. Et parce qu’ils sont les principaux donateurs, ils ont le droit de savoir au moins dans les grandes lignes, les motivations et le coût du projet qui nécessitent la quête spéciale ; il est important par la suite, qu’ils manifestent avant l’opération, leur global consentement.

1.2.2. Le discours inaugural de la quête spéciale
 

Le jour de la quête et avant celle-ci, le discours inaugural qui invite chaque fidèle à faire son don, servira à rappeler brièvement les motivations et les objectifs de la quête spéciale en cours ; ce discours doit se faire sobrement et respectueusement ; cela veut dire, sans menace pour les riches, ni offense pour les pauvres : ‘‘que chacun, comme le veut l’Ecriture, donne comme il l'a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie’’ (2 Co 9, 7) ; cette liberté du donateur n’est pas toujours respectée, quand le commentateur qui exhorte les fidèles à donner, adopte certaines mises en scènes (théâtrales) de communication, qui semblent contraindre dans sa liberté, celui qui ne voudrait pas donner, lui créant parfois même un cas de conscience ; ou bien lorsque ce discours frustre dans sa discrétion, celui qui aurait voulu donner, de sorte que sa main gauche ignore ce que fait sa main droite (Mt 6, 3).
Chaque Curé saura trouver la personne idoine, qui inspire respect à l’assemblée, et qui s’exprime avec la pondération et la sagesse qui conviennent aux interventions de ce genre et au cours d’une célébration catholique.

1.2.3. La fréquence des quêtes spéciales
 

Les curés le savent : trop de quêtes tuent la quête ; il ne convient guère, au cours d’une même célébration, de faire plus de deux passages de paniers pour la même quête spéciale ; il est parfois plus rentable de bien préparer les fidèles à la réalisation de quelques grandes quêtes spéciales dans une année, pour un projet donné, que d’en faire plusieurs, et souvent à des intervalles rapprochés.

1.2.4. Les quêtes impérées
 

Pour ménager les fidèles, et rendre moins impopulaires les quêtes impérées, les Curés veilleront à ce que celles-ci ne soient pas reléguées au rang de ‘‘quêtes spéciales’’ aux jours qui leur sont dédiés ; en d’autres termes, qu’il n’y ait pas deux, voire trois quêtes, le jour d’une quête impérée ! Qu’on s’en tienne uniquement à la quête ordinaire de la messe du jour ; c’est cette dernière qui servira de quête impérée.

1.2.5. Les comptes rendus financiers
 

Est-il besoin de rappeler la nécessité, que régulièrement et avec clarté, soit fait le point sur l’utilisation de ces quêtes spéciales, soit à la fin d’une messe ou dans le bulletin paroissial ; il est même souhaitable que l’opportunité soit offerte aux fidèles qui le désirent, d’avoir part à un débat constructif sur l’usage de ces sommes que la communauté a concouru ensemble à amasser au bénéfice de la paroisse.

1.2.6. Les ‘‘fêtes de charité’’
 

Les célébrations des ‘‘fêtes de charité’’ où les chrétiens s’adonnent à des séances variées de dons, n’ont rien d’indécent au niveau pastoral et peuvent bien se faire à l’intérieur de l’église, mais de préférence, en dehors d’une messe, ou tout au moins, à la fin de celle-ci, et après le renvoi.
Tout comme les prières de délivrance, il ne convient pas que la célébration soit surchargée par ce genre d’activités, dont les corollaires peuvent être imprévisibles et dommageables à la sacralité de la messe.
Est à proscrire toutefois, l’usage au cours de ces fêtes de charité, d’engager ‘‘un parrain’’, qui ne doit ce ‘‘titre’’ qu’aux dons qu’on attend de lui. La moralité froidement mercantile de cette pratique qui concerne malheureusement certaines messes d’action de grâces, n’honore pas la sainte messe qui n’a pas besoin de parrainage, tandis qu’elle crée une confusion avec les sacrements où il en est besoin.

1.3. Les maîtres de chœur et les chorales
 

1.3.1. Le sens de la liturgie et de l’Eglise

Les maîtres de chœur et les chorales ont pleinement leur rôle dans la liturgie de la messe ; les sacrifices qu’ils s’imposent et les sollicitations auxquels ils sont soumis, font de leur fonction, un ministère digne de louange qui concourt réellement à la beauté de la messe et à l’accroissement de la ferveur spirituelle chez les fidèles.
Toutefois, il est important que chaque maître de cœur ait à cœur de posséder et de cultiver le sens de la liturgie et de l’Eglise ; c’est ce sens qui lui permettra de percevoir, selon le temps liturgique (Avent, Carême etc.), selon les circonstances (peine ou joie), selon les occasions (animation ou recueillement), le type de chant qui convient le mieux, et que l’Eglise prend soin quelquefois de suggérer.

1.3.2. La corresponda    nce entre chant et acte liturgique
 

De même qu’on ne peut sonner le glas, comme on sonne  les autres cloches, de même à la messe, on ne peut exécuter l’Agnus Dei, avec le rythme d’un Gloria, ni l’Exultet avec l’air d’un Kyrie etc. L’effet recherché dans chaque acte liturgique, appelle le type de chant correspondant (contrition, recueillement, joie, supplication, etc.). C’est une sensibilité qui requiert de la part du maître de chœur,  non seulement la connaissance de la musique, mais aussi ce petit sens de la liturgie, qui suppose en même temps une obéissance à ce que l’Eglise commande.
Il est vrai qu’en Afrique, toute occasion peut être synonyme de danse (le deuil comme la joie) ; mais tout se fait toujours, selon les exigences d’un art propre à chaque région, avec des chants et des chorégraphies adaptés et éprouvés, qui ne heurtent pas les convenances de chaque tradition.
Or, nous observons avec regret, que des airs comme ceux du Kyrie, d’Agnus Dei, et de la prière universelle, qui devraient normalement inspirer des élans de supplication ou de contrition au fidèle, sont véhiculés à travers des rythmes et cadences tellement  dansants, qu’il n’est plus facile pour le chrétien ordinaire, d’entrer dans l’esprit de l’acte liturgique qu’il doit vivre, au moment où ces chants sont exécutés.
Est il aisé, par exemple, pour des jeunes qui se trémoussent, agitant leur mouchoir, au Kyrie ou à  l’Agnus Dei, de dire du fond du cœur au Seigneur : ‘‘prends pitié de nous’’ ?
Il est donc important qu’à travers le chant liturgique, nous arrivions à cette nécessaire adéquation entre l’effet recherché par la liturgie (louange, demande de pardon, action de grâce…) et le rythme qui porte le chant.

1.3.3. Le respect de l’intégrité du texte
 

Il est encore plus important que les chants qui entrent dans le canon de la messe (Kyrie, Gloria, Credo, Santus, Agnus Dei…) dont les paroles sont pour la plupart, de véritables passages bibliques, ne subissent aucune altération dans leur exécution. Ici, ce n’est pas le texte qui doit s’adapter à la composition du chant, mais le contraire, afin de sauver l’intégrité des paroles immémoriales de l’Ecriture ou de la Tradition contenues dans ces textes.
Si chaque chorale exécutait par exemple, son texte de Credo amputé, ou modifié en partie, comment serons nous en communion avec l’Eglise universelle, ou les générations passées qui nous ont transmis intact ce dépôt de la foi ?  Voilà pourquoi nous en appelons à la responsabilité des maîtres de chœur, des compositeurs et ‘‘arrangeurs’’ pour qu’ils veillent à l’intégrité des textes liturgiques, et n’altèrent en rien dans leur composition, ce patrimoine de l’Eglise universelle, dont chacun doit se sentir le dépositaire.

1.3.4. L’usage raisonnable des instruments de musique
 

L’Eglise a libéralisé l’usage des instruments de musique, pour que chaque peuple s’exprime, dans la liturgie, selon ses propres instruments. Malheureusement, l’abus que des chorales font de l’usage de ces instruments, rend certaines de nos célébrations, assourdissantes, voire assommantes, du début jusqu’à la fin.
Faut-il rappeler que ces instruments sont simplement chargés d’accompagner le chant et que pendant le carême, leur usage doit être modéré et règlementé selon la liturgie.
Il semblerait désormais, qu’il n’y ait de chants valides liturgiquement, que des chants rythmés et dansants. Au point que les paroles des chants, qui leur donnent sens et valeur, passent au second plan, au profit du son des instruments et des voix ‘‘arrondies’’ des choristes. Une entorse grave est en train d’être faite, non seulement à l’objectif du chant sacré catholique, mais également à son genre musical, naguère, facilement reconnaissable, parce que distinct des autres genres musicaux des sectes et autres confessions religieuses.

1.3.5 Le silence
 

Le silence n’est pas un luxe à la messe ; le temps d’action de grâces qui suit la communion doit être marqué nécessairement par un temps de silence suffisant, pour permettre au communiant d’avoir un colloque intérieur avec le Christ. Les maîtres de chœur, mais aussi les célébrants veilleront à sauvegarder ce moment de silence.

1.3.6 Le chant sacré et liturgique
 

Il va sans dire que tout chant religieux, même en latin, d’où qu’il vienne, quel qu’en soit le compositeur, s’il ne respecte pas les exigences de l’art sacré de l’Eglise, s’il ne respecte pas les normes doctrinale et liturgique, ne devrait pas être considéré comme un chant sacré, digne d’être admis dans la célébration liturgique.
C’est parce que la messe est une prière, la plus officielle de l’Eglise, qu’il devient inconvenant qu’on y mêle, tout ce qui, sans être mauvais, est inapproprié au caractère sacré de la liturgie. Nous voulons ici en appeler à la vigilance des prêtres, des commissions diocésaines et nationales de la liturgie, à qui nous donnons mandat pour intervenir, chacun à son niveau, pour sauvegarder l’orthodoxie et le caractère sacré des chants, dans nos célébrations.
Dans un esprit d’œcuménisme, la Conférence salue l’introduction dans notre liturgie, de quelques chants religieux venant des Eglises des Frères séparés. Ces cantiques chaleureux, dilatent le cœur et peuvent ponctuellement servir de chant liturgique, pourvu qu’ils ne posent aucun problème doctrinal, selon le discernement des prêtres et des commissions de liturgie.
Des maîtres de choeur catholiques ont même cru bon de pousser la fraternité, jusqu’à reprendre sur cassettes (et en les déformant parfois), ces cantiques gracieusement empruntés aux frères séparés, pour des raisons commerciales. De grâce, qu’une telle pratique qui offense l’honnêteté intellectuelle, et qui est condamnée au niveau civil, ne soit pas l’apanage de chorales catholiques.

1.3.7 Le chant grégorien
 

Le grégorien est le chant liturgique propre de l’Eglise ; à cause de son caractère universel, les chorales devront faire l’effort d’apprendre quelques chants usuels de ce répertoire catholique, et les maîtres de chœur, de s’exercer à la musique grégorienne. Il n’est pas juste que tant d’efforts soient déployés pour apprendre des cantiques de plus en plus complexes, venus d’ailleurs, en des langues qu’on ignore, alors que le chant par excellence de l’Eglise, le grégorien, qu’on a souvent entendu soit ignoré, alors même que l’Eglise le recommande.
Toute chorale qui se dit catholique, pour être reconnue comme telle, doit connaître au moins, un ordinaire en latin, et intégrer dans son répertoire de chants connus : le veni creator, le tantum ergo, le credo III, le Regina caeli,  le requiem.


1.3.8  A propos du livret ‘‘ Chantons pour le Seigneur’’
 

Les commissions veilleront à valoriser le livret national ‘chantons pour le Seigneur’, en s’appliquant à son actualisation et à sa plus large diffusion. Dans un souci légitime d’inculturation nous exigeons des maîtres de chœur, qu’ils en fassent un usage plus courant, de sorte que les chants des temps forts de l’Eglise,  comme l’Avent et le Carême soient majoritairement tirés de ce livret.

La Commission se chargera d’extirper de notre répertoire liturgique, les chants tendancieux, en prenant soin de les porter à la connaissance des fidèles. 
Nous encourageons la pratique déjà répandue chez les maîtres de chœur, de soumettre un peu de temps avant la messe, le programme de chants à l’appréciation du célébrant du jour ; les deux peuvent ainsi s’entendre pour harmoniser ledit programme et prévenir les accrochages et dérapages qui surviennent au cours des messes.
Et comme nous le recommande le Concile, les maîtres de chœur, mais également ‘‘les évêques et les autres pasteurs veilleront avec zèle à ce que, dans n'importe quelle action sacrée qui doit s'accomplir avec chant, toute l'assemblée des fidèles puisse assurer la participation active qui lui revient en propre.’’ (Sacro Sanctum Concilium 114).


2. Les veillées

2. 1. Les veillées d’évangélisation

Les veillées sont devenues fréquentes dans nos villes et campagnes et mobilisent de plus en plus de fidèles. Généralement, elles sont organisées de manière à finir au petit matin.
L’engouement que suscite cette nouvelle forme de la dévotion populaire, exige que certaines dispositions soient prises, pour la rendre plus fructueuse spirituellement; nous en suggérons quelques unes :

2.1.1. Le programme
 

Les prêtres, quand ils ne peuvent être présents tout le temps de la veillée, doivent aider au moins à la confection des programmes, pour éviter que  tout ce qui n’est pas essentiel, rallonge la veillée, la surcharge, ou retarde son commencement effectif.
S’il s’agit par exemple d’une veillée de prière, il faut que dans le programme, la prière occupe la plus grande place, au détriment de certaines interventions, des chants d’animation, des danses et consorts.

 
2.1.2 La sonorisation
 

Une veillée catholique se doit d’être immédiatement reconnaissable, par le type de chants qu’on y entend, par son caractère peu bruyant mais priant et par conséquent, par la pondération dans l’usage de la sonorisation ; celle-ci ne devrait pas être réglée pour couvrir un quartier entier, mais autant qu’il le faut pour une messe de dimanche, où l’assemblée est tout  aussi nombreuse qu’aux veillées.
Nos veillées même autorisées, ne devraient empêcher personne de se reposer ; les prêtres eux-mêmes, dans leurs presbytères sont hélas, victimes de ces rencontres de prières, inutilement bruyantes, qui violent, et le recueillement et le repos des autres. La charité chrétienne ne devrait elle pas nous commander, même en étant nombreux, à adopter un mode de prière qui ne soit pas peine et tourment pour les autres ?

2.1.3 La manière de prier
 

Dans ces assemblées nombreuses, pourquoi les groupes de prières catholiques ne suivraient-ils pas les directives mêmes de la Parole de Dieu qui déterminent quelques modalités essentielles de la prière en groupe et en stigmatise les déviations ?
On pourrait pour cela se référer à l’apôtre Paul qui indique comment prier dans l’ordre et le calme, pour que ‘‘les non croyants’’ ne nous prennent pas ‘‘pour des fous’’ (1 Co 14, 23) :
‘‘Que faire donc, frères ? Lorsque vous êtes réunis, chacun de vous peut chanter un cantique, apporter un enseignement ou une révélation, parler en langues ou interpréter : que tout se fasse pour l'édification commune.
En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu'un interprète; s'il n'y a point d'interprète, qu'on se taise dans l'Église, et qu'on parle à soi-même et à Dieu.
Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent; et si un autre qui est assis a une révélation, que le premier se taise. Car vous pouvez tous prophétiser, mais chacun à son tour, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés. Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes; car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix’’ (1 Co 14, 26…33).
Il est donc possible, nous dit le texte, même en grand nombre, d’avoir une prière communautaire calme et civilisée, qui tranche avec le brouhaha de certaines prières spontanées, déclamées à haute voix, ensemble et en même temps et qui font fi de l’avertissement de l’Apôtre des Nations.

2.1.4  Veillée et messe pour les malades
 

Il ne convient pas non plus de combiner veillées de prières et messes pour les malades ; cet amalgame oblige certains malades à s’exposer de longues heures durant, aux intempéries, aux rigueurs de la nuit et à d’autres dangers, rien que pour attendre une messe programmée en fin de veillée et au petit matin. Même si des mesures sont prises pour parer aux cas d’urgences, on évitera tout de même de prendre ce genre de risque.
 
 
2. 2. Les veillées funéraires

2.2.1 Le lieu de la veillée
Vu que les veillées funéraires sont des occasions de rassemblements importants de frères de toutes croyances ; vu que l’assemblée en ces moments, a besoin de paroles fortes et semble mieux disposée pour écouter la Parole de Dieu, nous demandons que prioritairement, les veillées se fassent à l’intérieur des l’églises.
Les veillées en dehors de l’église échappent souvent au contrôle de la communauté chrétienne, favorisent la dissipation et donnent lieu parfois, à de malheureux débordements.

2.2.2 La durée de la veillée
 

La durée d’une veillée funéraire ne devrait pas excéder deux heures (de 21 à 23 h) et que plus de temps soit accordé à la prière, à la prédication qu’aux chants. Les veillées trop longues épuisent les chorales et les autres participants, les rendants inaptes à suivre avec lucidité, la messe des obsèques du lendemain.

Un appel aux familles
 

Pour clore la question, nous recommandons avec insistance aux familles de permettre que dans les premières semaines et même dans les premiers jours qui suivent leur décès, tous les fidèles puissent être bénéficiaires des funérailles chrétiennes (s’ils le méritent), selon le jugement des curés ; sauf pour des raisons très graves, nous déplorons l’onéreuse et abusive conservation des corps à la morgue.
Nous rappelons que beaucoup de nos frères trépassés, ‘‘souffrent une purification’’ (C.E.C. n° 1030) et qu’ils sont surtout désireux de messes et de prières qui ne doivent pas leur manquer. 
Désormais la famille qui voudra que son défunt ait droit à des funérailles chrétiennes, n’outrepassera pas un délai maximal de 3 semaines de conservation, délai au-delà duquel, elle devra consentir à une amende forfaitaire proportionnelle à la durée de conservation abusive, avant de pouvoir renégocier les  funérailles … une partie de l’amende servira aux demandes de messes en faveur du défunt.

3. Quelques avis et recommandations
 

Voici quelques avis et recommandations, sur des questions précises qui nous sont parvenues, concernant :
1. la liste des églises sœurs dont la validité du baptême est reconnue
2. les interventions au cours des messes
3. le chemin de croix intégré à la messe
4. le montant des honoraires de messe
5. l’attitude des fidèles lors du transfert des hosties consacrées au tabernacle
.

 
3.1 La liste des églises sœurs dont la validité du baptême est reconnue
 

L’ancienne liste des églises dont le baptême est reconnu comme valide, par l’Eglise Catholique dans notre Pays n’est pas caduque ; toutefois, d’année en année, le nombre sans cesse croissant de nouvelles églises, devient un handicap pour établir une liste exhaustive. Certaines de ces églises ne sont représentées dans le Pays que dans une région, dans une ville, voire dans un quartier...
Pour éviter à l’échelle nationale, un recensement fastidieux et approximatif de ces églises, nous préconisons que soient établis dans un premier temps, dans chaque secteur pastoral, une liste des églises dont la validité du baptême est reconnu ; cette liste pourra être validée par les Evêques, d’abord au niveau diocésain, puis ensuite, provincial.
En attendant, les Curés devront s’en tenir aux directives suivantes, tout en considérant d’autres paramètres plus concrets et immédiats, sur le terrain :
Le Curé confronté à un cas, doit exiger comme preuve d’un premier baptême, que le néophyte lui présente un certificat ou carnet de baptême, attestant qu’il a été effectivement baptisé dans l’église de sa provenance.
Dans la mesure du possible, le Curé s’assurera que dans cette église on professe au moins, la foi en la très Sainte Trinité, et que par conséquent, le baptême a été fait, au nom des trois personnes divines, comme nous requiert la Parole de Dieu (Mt 28, 19).
En cas de doute, comme c’est la règle, on procèdera à un baptême, en bonne et due forme, mais sous condition, accompagné au besoin, de la profession de foi.
 
3.2    Les interventions au cours des messes
 

3.2.1 Les interventions des autorités politiques

Dans la liturgie de l’Eglise, certaines dispositions sont prises pour ‘‘honorer’’ les autorités officielles de l’Etat, comme nous le recommande la Parole de Dieu : ‘‘Soyez soumis, à toute autorité établie parmi les hommes, à cause du Seigneur… craignez Dieu; honorez le roi’’ (1 P 2, 13…17).
Les pasteurs sont tenus de connaître ces dispositions liturgiques en vue de les respecter, pour ne faire entorse ni aux droits d’une autorité, ni à la liturgie elle-même ; quoi qu’il en soit, aucune de ces dispositions, ne stipule qu’au cours d’une messe, on donne la parole à des hommes politiques ou à leurs représentants, pour s’adresser directement aux fidèles.
Ces autorités dont il est question savent elles mêmes, que de par leur fonction, elles sont tenues par une obligation de réserve, en tout lieu de culte. Dans tous les cas, avec les risques de dérives que ces interventions comportent, et pas seulement à cause de la période sensible que traverse le Pays, elles sont à éviter sans aucune condescendance.
Cela veut dire qu’à la messe, avant le renvoi, aucune autorité civile ou militaire, encore moins son représentant, n’a le droit de prendre publiquement la parole. Cela s’entend également pour tous les bienfaiteurs notoires d’une communauté paroissiale, quelle que soit par ailleurs l’importance des services rendus, qui leur sont reconnus par cette communauté.
Uniquement dans le cadre strict des annonces paroissiales ordinaires, ou celles des grandes cérémonies ou messes de requiem (par exemple, un membre du comité d’organisation, ou de la famille), et toujours avec la permission du Curé, on permettra qu’interviennent ces personnes, tout en s’assurant que leur intervention ne comportera aucune connotation politique.

3.2.2 Les oraisons funèbres

Puisque l’Eglise elle même recommande qu’à l’homélie des messes des obsèques on évite‘‘toute apparence d’éloge funèbre’’, (CEC n°1688 ; Missel Romain n°338), il se comprend difficilement qu’on tolère, même à la fin des messes de requiem, les oraisons funèbres à l’église, et seulement pour certains défunts ; que ces genres d’interventions se fassent aux veillées funéraires, ou au cimetière, et en accord avec le Curé.
 

3.3 Le chemin de croix intégré à la messe
 

Le chemin de croix est certes, une grande prière ; toutefois, la combinaison en une seule célébration, et de la messe et du chemin de croix, n’est pas heureuse ; elle n’enrichit aucune des deux prières, tandis qu’elle cause un dommage à la messe qui est sacrement et qui, comme tel, ne doit souffrir ni d’ajout, ni d’amputation arbitraires.
Les curés veilleront plutôt à ce que  les vendredi de carême, les messes se célèbrent intégralement et que quelques méditations du chemin de croix n’en constituent pas la liturgie de la Parole.

3.4 Le montant des honoraires de messe
 

Le montant des honoraires de messe restera fixe (2000 F CFA), dans tous les diocèses et ne fera l’objet d’aucune fluctuation, comme s’il devait varier au gré de l’assemblée en présence (jeunes ou adultes) ou dépendait du tarif de certains organisateurs de pèlerinages, retraites, etc.
Ce montant continuant de rester fixe depuis des décennies, malgré l’inflation et la dévaluation, il nous semble incorrect de le revoir à la baisse, ou d’en faire un marchandage, même occasionnellement.
Nous condamnons sans ambages, l’usage téméraire et scandaleux, malheureusement courant dans certaines veillées et autres rassemblements, de recueillir pour une seule messe, des honoraires à des prix avantageux, pour s’en servir comme fonds de couverture des frais d’organisation.
Nous rappelons que selon le Droit, ‘‘des Messes distinctes doivent être appliquées aux intentions de chacun de ceux pour lesquels une offrande, fût-elle modique, a été donnée et acceptée.’’ (CIC § 948)
Les honoraires ne sont donc financièrement disponibles qu’une fois que les messes correspondantes ont été effectivement célébrées ; et l’argent des honoraires ne peut servir à autre chose, qu’à faire célébrer des messes.
 
 
3.5 L’attitude des fidèles lors du transfert des hosties consacrées au tabernacle.
 

Après la communion, lorsque le prêtre retourne le ciboire au tabernacle, étant donné que la liturgie ne nous impose aucune attitude précise (rester assis ou debout), la Conférence recommande pour le moment, ce qui suit :
Que l’assemblée reste assise ; cette attitude permettra aux fidèles qui viennent à peine de communier,  de continuer dans la tranquillité, leur colloque avec le Seigneur, sans être obligés de guetter ce moment aléatoire où il faudra à nouveau se lever…
Si le fait de se lever, honore le Seigneur, il provoque cependant une rupture dans la prière d’actions de grâces qui lui est adressée.
Se lever ne favorise pas le recueillement requis en ce moment précieux, où l’on tente de vaincre la distraction, pour quelques minutes de prière vraiment personnelle.

3.6 Les enfants de chœur 
 

Les filles peuvent être enfants de chœur jusqu’à l’age de 12 ans accomplis et les garçons, 15 ans (grève, vol…). Au-delà de ces ages, les enfants sont appelés à intégrer d’autres mouvements et services de leur age. Les Curés veilleront à ce que leurs rencontres de préparation ne soient ni trop longues, ni trop fréquentes.
Pour favoriser en leur sein, l’éclosion ou l’entretien des vocations surtout sacerdotales, il est plus convenable que toujours, le nombre des garçons excède celui des filles.

Un appel aux confrères

Rappelons nous, chers confrères dans le sacerdoce, que la messe n’est pas un champ d’expérimentation et d’improvisation ; les fidèles ont le droit d’avoir  la messe, comme l’Eglise le veut, et non pas seulement, selon l’intelligence et l’imagination du célébrant.
Souvenons nous que ‘‘le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l'autorité de l'Eglise ; il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l'évêque.
     En vertu du pouvoir donné par le droit, le gouvernement en matière liturgique, appartient aussi, dans les limites fixées, aux diverses assemblées d'évêques légitimement constituées, compétentes sur un territoire donné.
C'est pourquoi absolument personne d'autre, même prêtre, ne peut, de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.’’ (Sacro Sanctum concilium 22)

 
Emerveillés par votre sincérité et votre générosité religieuses, vous tous fidèles de tous les ages de notre Eglise de ce temps, nous, vos Evêques de  Côte d'Ivoire, voudrions tout d’abord vous adresser nos vifs encouragements à persévérer dans cette ferveur spirituelle grandissante que tous, nous observons sur les paroisses, dans les associations, mouvements et groupes de prières ; ferveur qui est le signe indéniable et l’expression visible de votre vie intérieure avec le Prêtre éternel, le Christ, dont ensemble, nous devons témoigner.
Recevez également nos remerciements, vous tous, prêtres et laïcs, pour votre collaboration généreuse et persévérante, à toutes nos initiatives spirituelles en faveur de l’avènement de la paix dans notre Pays. Vos incessantes prières personnelles et communautaires, par endroits œcuméniques, nous en sommes convaincus, ont limité les dégâts multiformes de cette guerre et contribuent aujourd’hui encore, à hâter l’avènement de la paix...
 
      Que Dieu vous bénisse !



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