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Textes et déclarations


Message à la nation ivoirienne à l’occasion des prochaines elections du 29 novembre 2009

Jeu 11 Avr 2013, 10:02

PREAMBULE

Chers frères, chères sœurs, chers compatriotes,
Chers habitants de la Côte d’Ivoire,
Hommes et Femmes de bonne volonté,
 

1 – Avec les prochaines élections se lève sur la Côte d’Ivoire l’aube d’une nouvelle espérance. En effet, après sept longues années de souffrances, de tâtonnements, d’hésitations, notre pays, avec ces échéances électorales futures, s’engage résolument sur le chemin d’une sortie de crise réussie. Cela constitue un tournant décisif dans l’histoire de notre jeune nation.
C’est pourquoi, nous, vos compatriotes et frères,  les Évêques de Côte d’Ivoire, prenons la parole pour vous inviter à saisir le véritable enjeu de ces échéances et à les vivre avec toute la responsabilité qui s’impose.

2 – Cette lueur d’espérance est d’abord l’œuvre de Dieu et ensuite le fruit de beaucoup d’actions et d’efforts conjugués des uns et des autres, qu’il ne faut en aucun cas rendre vains, par notre propre faute.
Aussi voudrions-nous remercier Dieu qui a daigné écouter les prières et les supplications jaillies de nos bois sacrés, églises, mosquées, temples et autres lieux de culte. Béni soit – il, Lui qui, plus d’une fois nous a évité la catastrophe.
C’est ici également le lieu de reconnaître, d’apprécier et de souligner l’engagement et le souci de tous les Ivoiriens, de toutes les Ivoiriennes, de toutes les personnes de bonne volonté, de toutes les confessions religieuses dans la prière fervente adressée à Dieu en vue de l’avènement de la Paix que Lui seul est en mesure de donner aux hommes et aux nations.
Dans cet esprit, nous encourageons les croyants, les hommes et les femmes de bonne volonté à continuer de prier pour que cette période électorale délicate soit vécue de manière paisible.
Dans le cadre des efforts accomplis en vue de la paix, nous voulons saluer et remercier tous les hommes politiques pour les actions concrètes menées en faveur de la cohésion sociale, qui redonnent progressivement confiance au pays, à ceux qui l’habitent, aux investisseurs, et à l’ensemble de la sous-région, au continent africain et à la communauté internationale.

3 – Au regard de tous ces acquis qui amorcent une nouvelle ère d’espérance, nul ne doit se complaire dans la situation actuelle, floue et ambiguë et qui, malheureusement pour beaucoup, constitue un fond de commerce. En conséquence, les élections nous apparaissent comme une nécessité absolue et  incontournable. Pour cette raison, il faut éviter de reporter indéfiniment ces élections. Cela compromettrait gravement la paix sociale.
Tous et à tous les niveaux, nous devons prendre conscience de l’enjeu, du sérieux et de la gravité des élections prochaines, qui touchent au socle, au sort et à l’avenir de notre pays. Il va sans dire que ces élections sont très attendues autant par la communauté nationale qu’internationale.

4 – Notre message s’enracine dans l’observation de la situation socio-politique actuelle. Cette observation nous conduira dans l’ambiance des joutes électorales et nous mettra face à nos responsabilités individuelles et communautaires, en vue de la reconstruction d’une Côte d’Ivoire nouvelle, havre d’accueil, de vérité, de justice et de paix.

CHAPITRE  I : SITUATION ACTUELLE

5 – En observant notre pays aujourd’hui, il se dégage un constat peu reluisant. L’ambiance de ‘‘ni paix ni guerre’’ dans laquelle nous vivons, semble s’éterniser à la grande joie de certains leaders politiques, chefs militaires et acteurs  économiques du pays et d’ailleurs. Cette situation engendre la morosité générale,  l’angoisse, le découragement,  la déception et la peur face à l’avenir.

6 – Tout cela fait naître le doute au sein de la population quant à la tenue effective des élections. Ce doute se double même d’une crainte par rapport  à l’issue éventuelle des élections : Y aura-t-il des élections ? Si oui, quand et comment vont- elles se dérouler ? Que se passera t-il après ces élections ?
En clair, dans les cœurs angoissés des populations surgissent de nombreuses  questions : les futurs gouvernants penseront-ils à l’ensemble du peuple ou n’auront – ils d’attention que pour eux-mêmes et les leurs ? Les vaincus choisiront-ils la sagesse du jeu démocratique  ou prendront-ils le maquis pour faire basculer le pays dans une nouvelle violence ? Par ailleurs, les élections seront-elles bien organisées, dans la transparence et la justice de sorte que les populations frustrées ne soient pas obligées de recourir à la violence pour réclamer leurs droits lésés, confisqués ou manipulés ?7- La situation ainsi dépeinte montre bien la dégradation du contexte social de notre pays qui laisse entrevoir le caractère particulièrement délicat des prochaines élections.
La majorité de la population s’enfonce dans la pauvreté matérielle et morale. Elle devient ainsi de plus en plus vulnérable. Les grèves qui se multiplient révèlent un profond malaise social.
L’indifférence de nombre de jeunes face à leurs propres échecs constitue un phénomène social déroutant. Ils sont désaxés et sans autres repères que la violence, la brutalité  dans la revendication de ce qu’ils croient être leurs  droits.
A ceci s’ajoutent des discours univoques et inquiétants de certains leaders politiques  qui n’envisagent qu’une seule issue pour eux-mêmes aux échéances électorales qui s’annoncent : la victoire et rien que la victoire. Et ils l’expriment par des expressions telles que : « on gagne ou on gagne », « on gagne au premier tour » ou « nous sommes déjà à la présidence ».

8 – La morosité, la dégradation sociale constatée et le refus subtil de la défaite contenu dans certains discours politiques aujourd’hui, tout en étant sources d’inquiétudes, demeurent cependant un défi à relever par les futures élections. Voilà pourquoi il faut qu’elles aient nécessairement lieu et selon les conditions de justice, de transparence optimales, dans un esprit de responsabilité civique, démocratique et historique ; et ce, avant, pendant et après ces échéances.

CHAPITRE II : LES ELECTIONS

2 – 1 Avant les élections

9 – Avant les élections,  il convient de créer un climat de confiance qui rende fiable et crédible tout le processus électoral. Aussi  tous les organismes impliqués dans ce processus devront – ils veiller à  lui assurer et garantir une saine préparation technique. Cela revient entre autres et surtout à établir une liste électorale fiable et à la publier à temps dans les délais prévus par la loi.

10 –A l’occasion de la campagne  électorale, les leaders politiques, tout en exposant leurs projets de société et leurs programmes de gouvernement, s’attelleront à sensibiliser, à former et à éduquer   leurs militants à la compréhension et à l’exercice de la démocratie,  pour des élections apaisées dans un climat de confiance et de vérité. C’est pourquoi, d’ores et déjà, nous dénonçons et décourageons l’attitude de certains candidats qui, avant même la tenue des élections, proclament haut et fort qu’ils ont déjà gagné. Il est déplorable qu’ils avancent des arguments  à colorations ethniques et religieuses dangereuses.
Avec insistance et au nom de la dignité de l’être humain, nous dénonçons et condamnons les pratiques occultes qui vont jusqu’aux sacrifices humains. Nous dénonçons également l’achat et la manipulation des consciences et des groupes. Il convient de proscrire aussi la multiplication frauduleuse des électeurs et  la falsification des listes électorales.

11 – Le gouvernement, pour la dignité et la sécurité du pays, se fera le devoir de trouver les moyens financiers et matériels suffisants pour la saine organisation des élections prochaines.
 

2 – 2 Pendant les élections

12 – A propos des élections, nous voulons rappeler que le vote est un devoir sacré pour tout citoyen ; le négliger , le banaliser ou pire, le refuser sans contrainte extérieure , c’est commettre une faute grave contre soi-même et contre la nation. C’est pourquoi, il ne faut pas avoir peur d’aller voter. Dans l’exercice de ce droit fondamental, nul électeur ne doit être empêché d’accéder au bureau de vote. Comme on a pu le constater dans l’histoire récente de notre pays, ces dérapages se sont déjà produits. C’est pourquoi, nous en appelons aux responsables des partis politiques afin que ces dérives ne se reproduisent plus jamais.
De leurs côtés, les militants et les électeurs devront se  respecter mutuellement quel que soit leur bord politique, dans l’esprit même du jeu démocratique. 

13 – Les représentants des différents partis politiques, des organes de régulation et des observateurs devront être effectivement présents et en même temps dans chaque bureau de vote. Ils feront preuve de vigilance avec un sens très élevé du devoir vis-à-vis de la nation.

14 – Au terme des votes le climat de paix, de sérénité dans le pays dépendra de la gestion des bulletins ; nous recommandons donc que les décomptes soient faits dans la transparence et que les résultats soient communiqués dans la vérité par l’autorité compétente.

2 – 3 Après les élections

15 – La période comprise entre les votes et la proclamation des résultats par l’organe légal est extrêmement sensible. Toutes les paroles dites et les actes posés à cette période doivent être revêtus de prudence et de mesure. C’est pourquoi  nous invitons les candidats à s’abstenir de toute attitude consistant à se déclarer élus avant même le décompte des voix et la proclamation officielle des résultats. Nous interpellons particulièrement les médias. En effet, seuls les organes attitrés ont le droit de proclamer les résultats en toute vérité et selon la loi.

16 – Après les élections, il faudra  accepter le verdict des urnes, dans un esprit démocratique et patriotique mûr. Vainqueurs et perdants, chacun à sa place, en toute dignité, demeurent fils et filles du pays, au service de son devenir.  Voilà pourquoi les uns et les autres doivent tout faire pour évacuer les idées de vengeance et de règlement de compte.

17 – Les candidats et leurs militants doivent accepter le résultat des votes et se garder de toute tentative de contestation violente et illégale. Les réclamations sont admises dans le strict respect des dispositions en vigueur. Les leaders politiques devront  absolument éviter de jeter les enfants des autres dans les rues. Elus et perdants adopteront une attitude de courtoisie citoyenne et  renonceront à toute forme de violence, d’humiliation et de moquerie pour ne considérer que l’intérêt supérieur de la nation qui a déjà trop souffert.

CHAPITRE III : APPEL AUX PROTAGONISTES DES ELECTIONS

Pour réussir ces élections et redonner une nouvelle chance à notre pays, nous en appelons à la conscience civique de tous et à la crainte de Dieu.
 

3 – 1 Aux leaders politiques

18 – Dans la conduite de la vie de la nation, vous,  leaders politiques, vous occupez  une place de choix. Vous vous présentez comme des éveilleurs de conscience et des modèles de citoyens. A ce titre, vous êtes appelés à être les repères et les guides des militants de vos partis politiques. Pour cela, vous devrez incarner vous-mêmes les valeurs humaines et démocratiques que vous prônez dans vos projets de société et programmes de gouvernement.
De manière plus concrète, vous vous évertuerez à ne pas compromettre et rendre vain le geste symbolique fort de la Flamme de la Paix accompli à Bouaké, le 30 juillet 2007 et tous les efforts consentis pour le retour de la paix. Plus fondamentalement, vous éviterez de trahir ou de contredire le noble idéal de paix et de bonheur partagé que vous portez pour l’ensemble du pays.   
Dans vos discours et comportements, vous, leaders politiques, vous veillerez à ne mépriser personne et à n’insulter personne. L’autre candidat n’est qu’un adversaire politique et non un ennemi. Aussi doit-il être traité avec courtoisie, conformément au code de bonne conduite que vous avez  signé.

19 – Quels que soient les résultats des votes, vous devrez placer l’intérêt supérieur de la nation au dessus de toute autre considération ; vous ferez montre de grandeur d’âme pour ne pas considérer  la victoire comme une occasion de domination et la défaite comme une déchéance humaine. Dans cette dynamique, le vainqueur devra tendre la main aux vaincus qui accepteront en toute humilité et honnêteté de collaborer à l’unique construction du pays.

20 – Au regard de l’histoire récente de notre pays où beaucoup de jeunes par dizaines ont été sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques partisanes, nous vous recommandons vivement de vous abstenir d’impliquer les jeunes dans vos aventures idéologiques meurtrières. Dans le même sens et à l’avenir, nous préconisons que la pratique de la politique soit définitivement exclue de nos écoles,  campus et cités universitaires et que les conflits politiques ne soient pas transposés sur le terrain de l’éducation de nos enfants.

21 – Dans la situation actuelle de notre pays, pour une sortie de crise sans heurts, l’idéal aurait été le désarmement avant les élections. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Ce que nous déplorons amèrement. En tenant compte de cette réalité, nous vous demandons avec insistance, à vous leaders politiques, forces militaires et milices que ni d’un côté ni de l’autre, il ne soit fait usage des armes, avant, pendant et après les élections.
 

3 – 2 Aux militants

22 – Vous, militants, vous constituez la base et la force des partis politiques. Mais en même temps, sans le vouloir,  vous pouvez en être la faiblesse. Par votre propre faute, à travers l’usage de la violence, le refus de la contradiction, le tribalisme, l’ethnicisme et le fanatisme religieux, vos partis peuvent perdre en crédibilité. Au contraire, vous devez faire preuve de tolérance en acceptant le droit à la différence d’opinion et en traitant avec bienveillance vos adversaires, à défaut de les aimer.

23 – Dans la manifestation légitime de votre  joie, suite à la victoire de votre candidat, vous ne devez ni provoquer ni humilier les perdants.

24 – Victoires et défaites ne doivent être des occasions pour poser des actes de vandalisme qui contredisent l’esprit civique (descentes dans les rues, pillages, incendies, meurtres, viols, etc.).

3 – 3 Aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN)

25 – A l’ occasion de ces élections nous voulons rappeler et reconnaître les efforts de rapprochement que vous, FDS et FAFN, avez consentis et qui ont abouti à la création du Centre de Commandement Intégré (CCI). Tout en vous félicitant pour ce geste, nous vous encourageons à aller de l’avant jusqu’à l’avènement d’une armée unique et républicaine.

26 – Le devoir premier de l’armée, nous le pensons, est de défendre le pays et de protéger les populations. C’est pourquoi nous  vous recommandons au nom de Dieu de vous en tenir scrupuleusement à cette mission, avant, pendant et après les élections. Refusez catégoriquement de vous impliquer dans toute tentative de coup d’État et de déstabilisation du pays.

3 – 4 Aux journalistes

27 – Vous, journalistes, vous avez pour  mission d’informer, de former, d’éduquer et d’offrir des loisirs aux populations. Contrairement à ce qui s’est passé au début de cette crise, vous donnez l’impression d’avoir pris le chemin de votre mission originelle. Vous êtes aidés en cela par divers organes nationaux de régulation qui vous encadrent et vous orientent vers un comportement professionnel, apaisant. Dans cet esprit et pour permettre à la Côte d’Ivoire de vivre des élections sereines et transparentes, il s’impose d’une part que vous journalistes vous évitiez  d’écrire des articles incendiaires de nature à mettre le feu aux poudres et à compromettre la paix fragile qui pointe à l’horizon.
Il est impératif d’autre part que l’équité soit respectée dans l’accès de chaque candidat aux médias d’État.

3 – 5 Aux populations

28 – Dans ces moments d’effervescence populaire pré-électorale, nous voulons vous rappeler l’importance de l’acte du vote que vous allez poser et qui va déterminer le devenir de notre pays au sortir de cette crise. En effet, le vote constitue un devoir civique qui s’impose à tout citoyen comme l’expression suprême de sa liberté démocratique ; c’est pourquoi personne ne doit se laisser corrompre par qui que ce soit dans l’exercice de ce droit fondamental.

29 – Chacun d’entre vous, à ce tournant décisif de notre histoire nationale, doit prendre conscience du sérieux que revêt cette échéance. En Accomplissant ce devoir comme il faut vous contribuez au relèvement et à la réhabilitation de notre pays face aux autres nations.

3 – 6 A la société civile

30 – Dans ce sens et dans ce cadre, nous saluons la naissance de la société civile. Vous, membres de cette société civile, avez pour mission d’éclairer les consciences politiques en demeurant apolitiques et en vous laissant vous-mêmes éclairer par la vérité et guider par la justice. Pour ce faire, vous ne devrez jamais permettre que la société civile soit pour des leaders politiques un tremplin pour assouvir leurs ambitions. Par contre, vous veillerez à ce qu’elle demeure libre et critique vis-à-vis des hommes et des partis politiques.

3 – 7 Aux femmes

31 – Les élections qui approchent nous interpellent sur la valeur de la vie humaine, particulièrement dans notre pays. C’est dans ce contexte que nous nous tournons vers vous les femmes dont la vocation est de donner et de protéger la vie. Vous avez pour rôle, entre autre, de rappeler à tous que la vie doit être préservée, en vous appuyant sur le drame que nous avons vécu. En effet, tous ceux qui sont morts au cours de cette guerre ont été portés par vous. Les hommes politiques qui aspirent à prendre en charge la destinée de ce pays sont aussi vos enfants.
A ce titre, vous devrez rappeler à tous le prix de la vie dont vous portez les cicatrices dans vos entrailles, sanctuaire de la vie.

32 – Vous les femmes, vous avez payé le plus lourd tribut durant cette guerre : femmes rendues veuves, violées, éventrées, tuées, infectées du VIH / sida. C’est pourquoi, il vous revient de vous mobiliser et de vous battre pour que nous sortions de cette crise.
A cet effet, nous invitons toutes vos associations  présentes sur le territoire ivoirien à défendre la vie. Vous devrez d’une part, rejeter toute parole et toute attitude qui provoquent ou sèment la haine et la violence et d’autre part cultiver tout comportement qui apporte compréhension et apaisement.

3 – 8 Aux jeunes

33 – L’avenir d’un pays repose sur sa jeunesse. A ce sujet, l’Église a raison lorsqu’elle affirme que « la jeunesse n’est pas seulement le présent mais surtout l’avenir de l’humanité » ( Ecclesia in Africa , n°93).
Dans le cadre de la Côte d’Ivoire, vous les jeunes, vous constituez une force. Vos différentes mobilisations positives à certains moments décisifs de la crise en sont une preuve.

34 – Tout en vous félicitant pour votre générosité à répondre aux appels qui vous sont adressés, nous vous invitons à beaucoup de vigilance et à plus de maturité dans vos engagements politiques et idéologiques. Vous ne devrez pas vous laisser manipuler et instrumentaliser par les hommes politiques. Refusez systématiquement le faux martyre qui ne servirait qu’à la gloire d’un individu  se souciant peu ou même pas de votre véritable avenir. Rejetez également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien  les acquis que le pays lui-même.

3 – 9  A la communauté internationale   

35 – Nous vous remercions, membres de la communauté internationale, pour votre présence permanente et active auprès de notre pays, depuis le début de cette crise jusqu’à ce jour, même si, comme dans toute entreprise humaine tout n’a pas été parfait.
A travers les élections futures, nous comptons sur votre soutien que nous souhaitons efficace et impartial.

3 – 10 Aux autorités religieuses

36 – Nous  autorités religieuses, sommes les guides et les éclaireurs des consciences des hommes, des femmes et des communautés au nom de la foi en Dieu. A ce titre, nous ne devrions pas avoir peur de dire la vérité qui s’impose et qui seule libère. Pour y parvenir, nous autorités religieuses, préserverons notre liberté vis-à-vis des leaders des partis politiques, des pressions et des logiques ethniques.

37 – Nous devons avoir le courage de dénoncer ouvertement les pratiques occultes liées aux élections qui hélas, vont jusqu’aux sacrifices humains. Dans nos diverses interventions, nous rappellerons aux leaders politiques le vrai sens de leur engagement qui est d’abord et essentiellement un service de la communauté. Il n’est nullement un moyen d’enrichissement individuel et rapide, encore moins la recherche d’une gloire personnelle ou d’une revanche sur des adversaires.

38 – Dans nos bois sacrés, églises, temples, mosquées et autres lieux de culte, nous devons adresser une parole non partisane, apaisée, apaisante  et réconciliatrice, susceptible de nous aider à reconstruire ensemble notre pays tant sur le plan humain, spirituel que matériel.

CHAPITRE IV : RECONSTRUCTION NATIONALE

4 – 1 Au plan humain et spirituel

39 –La crise que notre pays traverse comporte une dimension politique et militaire. En réalité et en profondeur, elle s’enracine dans le déséquilibre moral et spirituel de notre société  où l’homme est de plus en plus embourbé dans la recherche du gain facile, la soif de l’argent, la quête violente du pouvoir et la dépravation des mœurs. En effet, comme l’affirme le Christ dans l’Évangile, ce qui rend l’homme impur vient de son cœur (Cf. Mt15, 10 – 11).
La reconstruction que nous envisageons pour notre pays, la Côte d’Ivoire, est d’abord et surtout humaine, morale et spirituelle. Car c’est l’Homme reconstruit en son être intérieur qui sera l’artisan de la restauration matérielle du pays. Pour cela, il nous faut tirer de cette guerre les leçons qui s’imposent ; la plus importante de ces leçons est sans nul doute la vie qu’il faut préserver à tout prix et la nécessité de la convivialité, grâce à l’acceptation et à la communion des différences. Trop de sang humain a été déjà inutilement versé. Au nom du Dieu de la vie, nous vous en supplions, chers compatriotes : que plus jamais cela ne se reproduise. Le sang humain est sacré !

40 - Songeons davantage à prendre en charge les diverses victimes de cette guerre. Nous pensons d’abord, aux veuves, aux veufs, aux orphelins, aux mutilés de  guerre, à ceux qui ont tout perdu, aux infectés du VIH/sida suite aux viols et autres violences sexuelles.
Ensuite, notre regard de sollicitude paternelle se tourne  vers les enfants soldats, les jeunes déscolarisés à cause de la guerre, les petites filles prostituées, les blessés psychologiques et moraux et aussi les ex- combattants.
Cette prise en charge devra être organisée en fonction des besoins par les gouvernants, particulièrement les ministères de tutelle, les communautés religieuses et bien d’autres organismes de bonne volonté.

41 – Dans le cadre de la mise en œuvre de cette solidarité nationale, nous mettons en garde les individus malhonnêtes qui profitent des situations de malheur pour escroquer les personnes généreuses et les institutions cherchant à aider les vraies victimes.

42 – En cette heure de reconstruction de l’homme et du tissu social, nous recommandons des attitudes qui favorisent et promeuvent une vie communautaire harmonieuse. Ne minimiser personne, ne provoquer personne, n’étiqueter personne ; en somme, respecter tout Homme et tout l’Homme, voilà des comportements nouveaux qu’il nous faut désormais cultiver. C’est grâce à cette unité retrouvée que nous pourrons ensemble rebâtir la Côte d’Ivoire nouvelle.

4-2 Au plan matériel

43 – La reconstruction matérielle de notre pays est à réaliser  dans un esprit de justice et de vérité. Plusieurs ont été dépossédés de leurs biens : maisons, terrains, véhicules et autres biens meubles et immeubles. Nous demandons que cela leur soit rétrocédé. Il convient donc de mettre sur pied un comité national pour conduire cette opération de justice.

44 – Il est impératif, dans un esprit de vérité libératrice, que l’unicité des caisses de l’État devienne effective,  que prenne fin le pillage des ressources du pays, que l’autorité de  l’État de Côte d’Ivoire soit restaurée  sur toute l’étendue du territoire.

45 – Il est absolument nécessaire d’établir un fichier d’identification fiable aussi bien pour les nationaux que pour les non-nationaux  afin de régler définitivement l’épineux problème d’identité qui se pose en Côte d’Ivoire.

46 – La nouvelle Côte d’Ivoire dont nous rêvons sera en réalité le fruit de notre travail. C’est en effet par le travail ardu et honnête de tous que nous rebâtirons notre pays dans la prospérité partagée et le réhabiliterons dans sa dignité au sein des nations modernes.

 

CONCLUSION

47 – « Salut, ô Terre d’espérance… ». Comme l’énonce si bien notre hymne national, l’espérance est permise. Au-delà de tout ce que nous avons vécu, au-delà des souffrances et des déboires que nous avons connus, nous pouvons nous en sortir ensemble. Et c’est le moment. Voici le seul et véritable enjeu de ces élections prochaines.

48 – Des pays en situation plus grave que la nôtre ont organisé et réussi leurs élections. Pourquoi pas nous ? Ne pas faire ces élections, ne pas les faire à temps et surtout ne pas les réussir seraient une honte et un désastre pour la nation tout entière. Par contre, si nous gérons bien ces élections, il en sortira une Côte d’Ivoire nouvelle, « modèle de l’espérance promise à l’humanité ». Pour ce faire, il nous faut des hommes et des femmes pleins d’amour, de justice et de paix.       

49 – Chers frères, chères sœurs, chers compatriotes, n’ayons pas peur d’aller aux élections. N’ayons pas peur de prendre ensemble et résolument le chemin de la vérité, de la justice, de la fraternité ouverte et solidaire.

50 – « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent pour rien. Si le Seigneur ne garde la ville, la garde veille pour rien. » (Ps 127 (126), 1).Dans ce cadre, nous invitons les  Catholiques à poursuivre de manière plus intense la prière pour la paix, composée par les évêques de Côte d’Ivoire, au cours de chaque célébration eucharistique comme conclusion à la prière universelle. Dans le même sens, on développera davantage l’adoration du Très Saint Sacrement.
Puisse le Seigneur Dieu, par son Fils Unique Jésus-Christ, le Prince de la  paix nous aider, grâce à son Esprit Saint réconciliateur, à reconstruire notre pays, en union avec la Vierge Marie, Notre Dame de la Paix.

Vos Frères, les Évêques de Côte d’Ivoire.
Abidjan, le 29 novembre 2009, 1er dimanche de l’Avent, année C.



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